Florence BIHAN, née à Nantes en 1955 a un pied à Tremblay en France, près de Paris où elle réside et un autre dans l’Ain, où elle à longtemps vécu.

Aujourd’hui résolument tournée vers la sculpture, elle n’oublie pas qu’elle a fait son entrée en matières un crayon à la main. D’abord  peintre animalier  elle a fini par s’ennuyer des aplats sur papier quand elle s’est avisée qu’elle n’éprouvait aucune difficulté à imaginer ce qu’il y avait derrière le motif dessiné. Mieux, sa pensée était capable de tourner autour de ce motif comme s’il s’agissait d’un objet en 3 D.

Il était temps de changer de dimension, c’est ainsi qu’elle s’est tout naturellement engagée dans la pratique du modelage et  de la sculpture. Cinq années d’étude en atelier privé lui ont permis de se familiariser avec les matériaux (terre cuite, pierre, bois, plâtre, résine) et de les plier à ses exigences plastiques.

Les premières œuvres témoignent d’une blessure intime. Un problème de santé contraint Florence à composer avec un corps rebelle.  C’est d’abord cette douleur qui s’est viscéralement projetée dans des formes aiguës comme la souffrance ou le combat  mais aussi dans la solitude avec les froides harmonies de la pierre. La colère aussi, froide comme une tempête en mer. Et puis, progressivement, des formes élancées ont surgi de ce parcours  fragile mais obstiné. Des formes toujours épurées auxquelles la terre a prêté son écriture souple. La terre est le matériau qu’elle privilégie par son aspect extrêmement sensuel et agréable au toucher. De ce dialogue avec la matière ont émergé des créations plus ambitieuses en taille et en lignes.

Elle tend désormais de plus en plus vers l’abstraction dans laquelle elle tente de donner chair à sa propre voix, fascinée par la  danse, la  fluidité de la terre lui permet d’exprimer la tension, le  fugace instant d’immobilité qui précède  le mouvement. Avec la pierre, la plénitude des formes nous révèle un univers plus intérieur.

Ce qui apparaît dans son travail, est un puzzle, riche, inventif et sans cesse renouvelé. Il évolue vers toujours plus de sobriété et dénote le souci de l’élégance et de l’harmonie avec des formes soutenues par des lignes élancées, tendues vers un idéal de sérénité et de beauté.